Aller au contenu Aller à la navigation Aller au pied de page

Les terrains argileux

Le terrain est la partie du sol en surface ou proche de la surface.

On s’intéresse plus particulièrement à cette partie du sol parce que la plupart des constructions reposent, par le biais de leurs fondations, dans cette partie du sol.

Qu’est-ce que l’argile ?

L’argile désigne un ensemble de minéraux de très petite taille (les particules font moins de 2 micromètres, soit 2 millièmes de millimètre). Cette finesse leur confère des propriétés physico-chimiques remarquables :

  • Une très grande surface spécifique par rapport à leur masse
  • Une capacité à fixer ou relarguer l’eau selon l’humidité ambiante
  • Une structure en feuillets qui peut s’écarter ou se rapprocher selon la teneur en eau

C’est cette dernière propriété qui rend les sols argileux particulièrement sensibles aux variations climatiques.

Les différents types d’argile

Tous les sols argileux ne se valent pas. Les minéraux argileux ont des sensibilités très différentes à l’eau :

Minéral argileux Sensibilité au RGA Présence en France
Smectite (montmorillonite) Très forte Bassins sédimentaires, marnes
Illite Modérée Largement répandue
Kaolinite Faible Sols altérés de roches granitiques
Chlorite Faible Sols issus de roches métamorphiques

Une maison construite sur un sol riche en smectite aura un risque RGA bien plus élevé qu’une maison sur un sol kaolinitique. C’est pour cela que la cartographie des aléas par le BRGM tient compte du type d’argile et pas seulement de sa présence.

La carte BRGM des aléas RGA

Le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) a établi une cartographie nationale du risque de retrait-gonflement des argiles sur tout le territoire français.

Chaque commune est classée selon 3 niveaux d’aléa :

  • Aléa fort — risque RGA élevé, surveillance constructive obligatoire (étude de sol G2 avant construction)
  • Aléa moyen — risque RGA réel, précautions recommandées
  • Aléa faible — risque RGA limité, mais pas nul

Vérifiez l’aléa de votre commune sur georisques.gouv.fr.

Chiffres-clés en France

  • 10,4 millions de maisons individuelles sont exposées au RGA (54% du parc)
  • 48% des communes françaises sont en aléa moyen ou fort
  • Le RGA est devenu le 1er poste de catastrophes naturelles en France (devant les inondations)
  • La sinistralité pourrait être multipliée par 3 d’ici 2050 sous l’effet du changement climatique (source : CCR)

Comportement caractéristique d’un sol argileux

Un sol argileux soumis à des variations de teneur en eau présente trois phénomènes successifs :

  1. Le retrait — quand le sol s’assèche, l’argile perd de l’eau et le volume du sol diminue. Apparition de fissures de retrait visibles en surface (en été, on voit des craquelures sur les sols argileux nus).
  2. Le gonflement — quand le sol se réhydrate (pluie, dégel), l’argile reprend de l’eau et le volume du sol augmente. Ce gonflement peut faire remonter localement les fondations.
  3. Le tassement résiduel — après plusieurs cycles, le sol ne retrouve pas exactement son volume initial. La maison accumule des déformations qui se traduisent en fissures.

Facteurs aggravants spécifiques aux terrains argileux

  • Arbres et haies proches — un arbre adulte peut pomper 200 à 400 litres d’eau par jour en été, assèchant localement le sol
  • Pente et exposition — une orientation sud aggrave l’évaporation estivale
  • Cuvelage et drainage — un mauvais drainage favorise l’engorgement hivernal
  • Fondations superficielles — moins de 80 cm de profondeur expose aux variations
  • Fuites de canalisations — un apport d’eau anormal localisé crée un gonflement ponctuel

Constructions adaptées aux terrains argileux

Quand on construit en zone d’aléa RGA fort, des précautions techniques s’imposent :

  • Étude de sol G2 obligatoire avant le projet (depuis la loi ELAN 2018, pour les zones d’aléa moyen ou fort)
  • Fondations profondes (souvent ≥ 1,2 m) pour dépasser la zone de variation saisonnière
  • Chaînage horizontal complet en tête de fondations
  • Distance minimale aux arbres (1,5 fois la hauteur adulte)
  • Drainage périphérique pour évacuer les eaux pluviales
  • Joints de rupture entre bâti principal et extensions

Pour aller plus loin

Cet article vous a-t-il aidé ?

0
Related Articles
0 Comments

There are no comments yet

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *