Le phénomène de sécheresse / réhydratation des sols
Certains sols, en raison de leur nature particulière qui leur confère des propriétés spécifiques, peuvent être plus sensibles et sujets à se déformer.
Ces déformations plus ou moins importantes pouvant être alors à l’origine de désordres plus ou moins importants sur les constructions dont les fondations reposent sur ces sols.
C’est notamment le cas des sols argileux. Ces sols sont plus sensibles que les autres aux variations de la teneur en eau dans le sol.
Le mécanisme expliqué simplement
L’argile a une propriété physique remarquable : elle gonfle quand elle absorbe de l’eau et se rétracte quand elle sèche. C’est exactement comme une éponge.
Or, l’eau du sol disparaît selon les saisons :
- En hiver, les pluies saturent le sol — l’argile gonfle.
- En été, l’évaporation et l’absorption par la végétation assèchent le sol — l’argile se rétracte.
Lors d’épisodes de canicule prolongée, la sécheresse descend plus profondément dans le sol que d’habitude, parfois jusqu’à plusieurs mètres. Le retrait est alors plus important — et durable.
Pourquoi votre maison souffre
Vos fondations reposent sur ce sol qui bouge. Tant que les mouvements sont uniformes, la maison s’élève et s’abaisse en bloc, sans dommage. Mais ce n’est jamais vraiment le cas, car :
- Le sol ne sèche pas uniformément (côté soleil vs côté ombre, présence d’arbres asséchants…)
- Les fondations n’ont pas la même profondeur partout (extensions, garages…)
- L’évaporation est plus forte aux extrémités de la maison
Résultat : un coin de la maison s’enfonce plus que l’autre. C’est le tassement différentiel, qui provoque les fameuses fissures en escalier sur les murs en parpaings ou briques.
Les facteurs aggravants
Certains paramètres accélèrent le phénomène et expliquent pourquoi certaines maisons souffrent plus que leurs voisines :
- Présence d’arbres ou de haies à moins de 10 m — les racines pompent l’eau du sol, accentuant le retrait localement
- Fondations superficielles (moins de 80 cm) — plus exposées aux variations
- Constructions sans chaînage ou mal chaînées (avant 1970)
- Maisons avec extensions mal liaisonnées au bâti principal
- Pente naturelle du terrain avec orientation sud/sud-ouest
- Canicule récurrente sans recharge hivernale suffisante
Un cycle qui s’aggrave avec le changement climatique
Avec la succession d’étés très secs (2018, 2019, 2020, 2022, 2023, 2024), les sols n’ont plus le temps de se « recharger » entre deux épisodes. Les dégâts s’accumulent et certaines maisons fissurent désormais chaque année.
Selon la Caisse Centrale de Réassurance (CCR), la sinistralité liée au retrait-gonflement des argiles (RGA) pourrait être multipliée par 3 d’ici 2050.
Comment savoir si vous êtes concerné
Trois indices conjoints rendent le diagnostic « sécheresse » très probable :
- Votre commune est classée en aléa RGA moyen ou fort par le BRGM (carte officielle accessible sur georisques.gouv.fr)
- Les fissures sont apparues ou se sont aggravées après un épisode de sécheresse (fin d’été, automne)
- Les fissures sont en escalier sur les murs en parpaings ou briques, principalement aux angles, autour des ouvertures, ou aux jonctions d’extensions
Si ces trois indices sont réunis, votre dossier d’indemnisation au titre de la catastrophe naturelle sécheresse a de bonnes chances d’aboutir.
Pour aller plus loin
- L’origine des désordres
- Les terrains argileux
- La reconnaissance de catastrophe naturelle
- Outil : votre commune est-elle reconnue CAT-NAT ?
📍 Et maintenant ? Vos prochaines étapes
Pour aller plus loin, ces 3 outils vous accompagnent concrètement dans votre dossier :
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